Constellations

La vie continue, c'est épuisant. Le sommeil est la seule arme qui défait la conscience mais on s'endort trop souvent, et souvent trop longtemps. Je suis fatigué, mais je ne sais de quoi. Peut-être l'exaltation musicale de hier soir.

Le bruit me fatigue. Ce n'est pas la Nausée mais c'est sûrement la première marche. Toutes ces conversations, tout ce monde qui s'agite. Toujours quemandé pour des clopes, de l'esprit.


Il faut bien s'entourer. Tout seul ça me paraît trop dur. Ça doit être encore plus dur d'être seul quand on ne sait pas l'être; quand on manque de curiosité et de rigueur car les deux vont de pair : il faut être rigoureux pour s'offrir l'aventure de la curiosité. Sinon c'est effectivement un vilain défaut.

Et il faut écrire sans peur d'être lu. J'en souffre mais je progresse. Comme le disait si bien Martin: "à la fin de ma vie j'espère dire que j'ai changé".

Sans changement, à quoi ça sert ? Le changement est un rouleau qu'il faut surfer avec l'absurdité du Zen; de toute façon, il ne s'explique pas. Avec toutes les certitudes du monde ou l'appui de la science, on ne fait qu'encadrer le changement. On le mesure, ni plus ni moins.


La souffrance de l'homme c'est de cribler le ciel de constellations pour s'y sentir ancré. L'égotrip de la molécule de carbone qui cherche à justifier son existence. Discerner c'est choisir, choisir c'est renoncer.

L'inter-legere porte le poids du monde sur ses épaules frêles. Une figure apparaît, une lumière brille dans le noir, on se console enfin d'avoir choisi un sens. L'esprit s'accorde un moment de repos, on pèse moins lourd. Plus tard on y retourne, et les sensations tourbillonnent. Vertige grand vertige, des fois c'est l'adrénaline qui en dissout l'essence. Puis elle s'épuise, c'est le grand silence.

On regarde autour, souvent dedans. "Tout cela a un sens", c'est le feu de camp de notre humanité.

Created: 2020-08-03 lun. 09:07