It's a cruel cross that I have to bear
Par Stéphane le samedi 19 septembre 2009, 19:53 - Lien permanent
La vie, en général, ça manque de goût. Surtout quand il y a de gros orages en ville, ça manque de goût, du coup ça refoule après[1]. J'en veux pour exemple hier encore, alors que je débarquais frais comme un lama drogué devant le bâtiment de mon IUT, saluant machinalement les geeks qui font semblant d'aimer le café pour prétendre à une vie sociale, et m'avançai à mon tour vers la machine à café à qui j'ordonnai royalement un chocolat chaud, ce qu'elle fit servilement en ronronnant bêtement.
C'est alors qu'un bipède de sexe opposé, opaque et familier s'approche de moi, fier et joyeux de pouvoir compter parmi les gens à qui je dis bonjour, flatté jusqu'à la moëlle de pouvoir avancer sa joue molle vers moi chaque matin, honoré d'être partie intégrante de mon spam quotidien Facebook, et me tends son visage disgracieux pour laisser échoir les rites de politesse les plus classiques.
La demoiselle s'inquiète donc de mon humeur, je la renseigne en mode pilote automatique puisque dans ces moments de platitude humaine, je suis capable d'une neutralité qui rivalise très bien avec ladite machine à café. C'est alors que survient le drame :
Tu prends un chocolat chaud ? C'est trop fort pour toi le café ? J'rigole !
Et là, d'un coup, me voila rabattu de plein fouet dans la dure réalité. Comme si ces quelques mots courageusement rassemblés en une phrase aiguisée pour faire ployer mes fibres zygomatiqes avait plombé en plein vol les restes de mon sommeil adoucissant, comme si d'un coup le soleil de mes rêves encore tièdes disparaissait brutalement pour laisser apparaître les bas-fonds de l'intelligence humaine. Pendant que l'agresseuse rigole naisement de sa blague de haut niveau, je contrôle mes nerfs. Mes journées à l'IUT sont suffisemment médiocres pour que je n'ai besoin de ces lamentables interventions, et je sens bien qu'à ma place, Gandhi aurait frappé.
Alors certes, je ne suis pas exempt de défaut : je suis hyper-susceptible à un point qui ridiculise la première madeleine venue, les lacets de ma Veja droite sont mal attachés, et la plupart de mes omelettes sont des échecs cuisants (trop cuit d'ailleurs, ça crame en dessous, mais il reste du transparent d'oeuf sur le dessus, si quelqu'un a le secret, je paye comptant). Par contre, j'essaye de surveiller ma langue (que j'ai bien pendue, ça me donne presque des airs de Sadam Hussein), et j'élague au fur et à mesure l'arbre de mes pensées pour ne garder que l'essentiel et éviter d'user mes cordes vocales pour dire si basses sottises.
Alors, à tous ceux qui aiment à laisser couler le flot de leur élucubrations débiles, à toutes celles qui braillent toute la journée pour des affaires d'une futilité écœurante, je suggérais simplement de faire appel à leur conscience de citoyen et d'humain, pour sauver la planète et faire un geste pour le développement durable, économisez un peu d'air pur : fermez vos gueules.
Crédit photos : Cousin aérien capturé en plein
Notes
[1] Si il y en qui sont intéressés pour me lapider après ce jeu de mots de très loin derrière les fagots, je suis dispo.
Commentaires
J'adore. Gandhi monumental.
Pour l'omelette, poêle très chaude, remuer avec spatules les blancs régulièrement.
Je crois deviner l'auteur de cette hilarante niaiserie.
Arrive mon "vrai" commentaire:
Oui, sûr, je suis de tout cœur avec toi, mais tu n'est pas sans savoir qu'on a dans notre entourage beaucoup, énormément, que des personnes qui disent de la merde.
Comment certaines font pour être désopilant à s'en défenestrer quand d'autre (avec un e) sont désespérante à s'en défenestrer?
Encore une subtilité de notre (mettre un mot mi-philosophique mi-scientifique, genre subconscient ou ensemble cognitif, ici) que je n'saisirai jamais .
Hahahaha, ça me rappelle quelqu'un :D
Keep control Steph' :]
Encore un article monumental de bon sens et d'humour noir !
Je suis pas loin de tomber dans ce tel niveau de nullité navrante, alors de grâce, si cela arrive sous tes yeux, FRAPPE.
Cela dit, je respecte ton self contrôle, pour moi et beaucoup d'autre, le coup serait parti ...
Et comme Einstein a dit : "Il n'y a que deux choses d'infini, l'univers et la bêtise humaine."
Je ne dirai qu'une chose : "Parler est le plus moche moyen de communication. L'homme ne s'exprime pleinement que par ses silences". Et je rajouterai : "... et les femmes oublient souvent de se taire. Malheureusement." ^^
Je crains malheureusement que si l'on imposait une limitation de l'expression orale, les gens ne préfèrent griller leurs cartouches avec des niaiseries faciles plutôt que de risquer de se fouler un neurone. J'ai déjà eu l'occasion de te le dire je crois "il ne faut pas prendre les gens pour des cons... mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." (les Inconnus)
ouais bah je préférais l'ancienne mise en page.
je t'encu..brasse.
Beau post :) Tu me diras en m'offrant gracieusement l'un des deux kawa que tu me dois qui est donc cette horrible personne que tu voulais tant fracasser !!!