Dans les mœurs actuelles de notre société déliquescente, il n'est pas rare d'aborder lors des repas les plus solennels la question de l'homosexualité. Plus d'étouffements gênés, de raclements de gorge impuissants et autres toussotements honteux, la majeure partie de la population française s'est sorti le balai du cul pour pouvoir parler librement de l'autre partie, qui elle continue de se la mettre au même endroit, pour son plus grand plaisir.

N'est-il tout de même pas étrange que deux hommes puissent ainsi s'aimer, fistant au passage mère Nature la bienveillante qui avait prévu pour eux des êtres au sexe complémentaire, qu'on désigne usuellement sous le nom de « femmes » ou « grosses putes » selon l'avancement de la soirée ? Autant comprends-je aisément qu'une femme soit attirée par la grâce et la douceur d'une autre faible créature au regard sucré, autant puis-je concevoir l'idée que l'incandescent charme féminin s'étende au delà des frontières établies par ladite mère Nature vue ci-dessus, autant suis-je quelque peu dubitatif sur les mécanismes dérivés qui poussent deux hommes à se mettre ensemble, dans tous les sens du terme (plus il y a de sens, mieux c'est, d'ailleurs).

Je suis profondément, et je pèse mes mots, étonné de voir qu'un homme arrive à apprécier la virilité d'un semblable. D'ailleurs, je m'adresse à vous les femmes au passage, qu'est ce qui attire donc chez un homme ? Ses poils, sa force, sa capacité à réciter l'alphabet en éructant virilement, l'acuité de ses renseignements sur les équipes de football dans le vent, l'originalité de son tee-shirt Franklin Marshall, la rutilance des jantes de sa Citroën, la douceur de sa peau sensible qui laisse à penser que le papier de verre se vend beaucoup trop cher de nos jours ?

Je n'ai pas la réponse. Je sèche. J'ignore. J'ai un trou. Et j'enfonce mes mots.

Attention, qu'on ne se méprenne pas : je n'ai absolument rien contre les homosexuels. Quel avantage aurais-je à mépriser les gays, moi qui suis on ne peut plus lesbienne ? En plus, les gays sont souvent des mecs calés (et ne poussons plus qu'il ne l'est déjà, le sens de cette expression), qui sourient et qui rigolent de bon cœur, en tout cas des mecs sympas : je leur souhaite de trouver leur bonheur parmi la sélection restreinte de leurs envies sentimentales, moi qui ai du mal avec les femmes, parfois je me demande s'ils ont plus de chance avec les hommes.

Sinon aujourd'hui, c'était la Gay Pride à Montpellier. Bel évènement, chaude ambiance, par contre au niveau du temps, ce fut pluie diluvienne pour tout le monde, et on ne manquera pas de confirmer à cette occasion la rumeur populaire, ils l'ont eu dans le cul.