Bitch please
Par Stéphane le dimanche 5 avril 2009, 02:14 - Lien permanent
La toute première demi-heure du Dimanche sonnait au loin tandis que je rentrais
d'un pas vif vers mon doux logis. Au loin des échos éméchés animait le triste
silence qui règne sur les avenues mortes délaissées par la nuit, et parfois
même un cri compulsif venait réveiller les ombres. C'est alors que je la vis.
Adossée à un mur écorché, ne laissant qu'une jambe aguicheuse la distinguer de
la pénombre environnante, une créature de petite vertu tenait le siège de son
piteux quartier. Seul sa tête oscillait de temps à autre, chassant sans y
croire la carcasse d'un client potentiel, et je pouvais capter l'éclat blanc
que contrastait sa peau brune, sans toutefois compter sur cette lumière
d'espoir qui brille au fond de ceux qui font confiance au futur. Rehaussée sur
des talons aiguilles de grossière manufacture, collants serrés et jupe
outrageusement courte, le plus choquant vint lorsque je pus percevoir
clairement son visage. On eût dit qu'un peintre délirant avait laissé libre son
imagination en barbouillant la pauvre demoiselle d'une absurde couche de
cosmétiques, dans des tons éclatants, brûlants et brillants, à tel point que si
cette apitoyante fille s'était avisée de pleurer, ses larmes en eurent été
teintées. Je la dépassais furtivement, et crû entendre en dernier souvenir des
paroles incertaines, étouffées par la honte ou le désespoir, que je ne pus,
malgré le silence étouffant qui régnait, comprendre et interpréter.
Le triste spectacle que j'avais du contempler ne me laissa pas de marbre pour autant. Ainsi, quelques enjambées devant cette fille qu'on appelle de joie malgré la tristesse qui éclabousse au moindre regard qu'on lui porte, j'eus cette idée rayonnante : et si je mixais deux saveurs de thé différents dans la même boule à thé ? Et bien croyez-moi ou pas, mais un thé vanille-fruits des bois, j'ai rarement connu plus délicat arôme. Une soirée brillante.
Le triste spectacle que j'avais du contempler ne me laissa pas de marbre pour autant. Ainsi, quelques enjambées devant cette fille qu'on appelle de joie malgré la tristesse qui éclabousse au moindre regard qu'on lui porte, j'eus cette idée rayonnante : et si je mixais deux saveurs de thé différents dans la même boule à thé ? Et bien croyez-moi ou pas, mais un thé vanille-fruits des bois, j'ai rarement connu plus délicat arôme. Une soirée brillante.
Commentaires
Bravo.
je
voulais dire un truc completement con
C'est fait.
J'adore la chute.
L'esprit vagabonde vite après tout.
Tant mieux, les événements nous affecteraient beaucoup plus sinon.
J'aime ni le thé, ni les putes, et pourtant...
Tu me fais vraiment rêver, je pourrais te lire pendant des heures. Tu es le meilleur <3
J'vote pour
Je passais pour voir les nouveauté et tu m'étonnera toujours, qui pourrais croire qu'un texte parlant de "filles de joie" et de boule à thé puisse être... Tu m'excuse je ne trouve pas de mot mais je suis sur que tu m'as comprise. Tu es définitivement bizarre mais définitivement fabuleux =)
merci