Ce n'est pas parce qu'on est en vacances que l'ennui l'est aussi.
Pourtant, si on y réfléchit bien, dans ce monde barbare et grotesque, on a difficilement le temps de s'ennuyer. Les possibilités multiples qui s'offrent à tout individu normalement constitué pour se divertir sont trop nombreuses pour permettre le moindre instant de dérive cérébrale. Après, chacun sa méthode pour se divertir : lire des livres avec plein de mots, regarder Secret Story, jouer à GooBox, perdre des demi-journées sur Facebook, faire de la musique, draguer à outrance, acheter les pièces maîtres de collections Rivaldi Fashion, dessiner au charbon d'allumette, c'est vous qui voyez.
Oui mais si l'on possède une âme trop profonde pour s'adonner à ces basses considérations modernes, superficielles et vénéneuses ? Alors un peu d'aération et de légèreté dans le ciel obscurci de vos réfléxions nébuleuses ne vous fera pas de mal. Et je soutiens cette idée en enseignant gratuitement, aujourd'hui, ici-même, un cours de drague à la femme fraîche et pulpeuse. Bien évidemment, ceux qui ont déjà pêché au gros ou au thon sont dispensés.
Tout d'abord, avant de passer à l'attaque, étudions bien la cible : généralement bipède, pourvue de courbes autrement plus intéressantes que les sinusoïdes pourtant passionnantes des cours de terminale, et dotée d'un regard qui fait fondre au plus profond de nous les derniers remparts d'une candeur qui ne demande qu'à capituler, il n'est pas pour autant démontré qu'elle possédât suffisamment d'esprit pour qu'il vaille la peine d'en parler. Peu importe, car de toute façon, qui se soucie de nos jours de ces détails fugaces ?
Faire la cour à une femme n'est certes pas aisé pour tout le monde, et je salue au passage l'association des nains obèses de Picardie médiévale, pourtant quelques règles tacites gouvernent ce jeu dangereux :
La première proclame que la femme étant à priori un être doux, faible et délicat, on ne saurait faire usage d'approches rustres et brutales dépréciées dans le milieu de la drague. Ainsi essuyais-je la semaine dernière un échec cuisant lors d'une tentative de partage de ma culture du football, après un superbe tacle à hauteur des hanches pratiqué sur une délicieuse créature qui résistait péniblement à mes attaques autrement plus mûries. Mais après tout, que coûte donc un revers auprès d'une femme réticente ? Non seulement la probabilité d'échec est constante (50% environ) sur tous les spécimens, mais qui-plus-est, il vaux mieux vivre avec un regret qu'avec des remords. Enfin, qui pourrait ignorer que même dans ce domaine romantique au possible, certaines promotions occasionnelles garantissent que pour deux râteaux achetés, la pelle est offerte ?
Seconde règle : la créature délicate aime les cadeaux. Oui mais nous pauvres mâles ignorants sommes bien impuissants pour deviner les goûts tordus de nos dulcinées (pourquoi cette chienne n'aiment-elle pas la bière et le foot comme tout le monde ?, se demande le poète mêlant ses amères larmes au flot d'une rivière indifférente à la souffrance incandescente qui dévore la chair de son cœur fâné). Heureusement, Dieu, avec l'aimable participation de mes parents, me créa pour vous divulguer quelques astuces non-négligeables.
- La femme fait du 36-38 ;
- La femme révulse à l'idée qu'on lui offrît de la lingerie qui mettrait en doute la finesse de sa coquetterie la plus intime ;
- La femme ne prête qu'un engouement poli au dernier PES sur Playstation 3 (encore un mystère de la Création) ;
- La femme n'est pas un homme ;
- La femme aime qu'on lui fasse parvenir un bouquet de fleurs parfumées, et se délecter d'une jolie carte manuscrite jointe, si on a eu la délicatesse de ne pas dessiner un sexe masculin dessus, même si ça nous a fait beaucoup rire.
Après ces valeureux conseils, le dernier coup de pouce qui fera de vous le meilleur des chevaliers, l'as des jupons, la terreur des innocentes, le bourreau des cœurs, ou le roi du râteau si vous êtes vraiment un manche (vainqueur du Prix du Jeu de Mots Pour Handicapés Cérébraux Anesthésiés 2009), la dernière règle disais-je donc, est essentielle : tout se joue au moral. Tout peut aussi se jouer à l'emmental, si la victime est Suisse et amatrice de fromages laitiers, mais ceci est une autre question. Le mental est primordial, pour ne pas dire indispensable au bon déroulement de votre stratégie galante.
Car il ne suffit pas de posséder un T-Shirt avec deux léopards, trois griffes et une écriture gothique monochrome pour faire mouche, il faut aussi être persuadé d'être intéressant, passionné et brillant, et cela suffit généralement à convaincre par corrélation l'objet du désir. Ainsi, moult fois ai-je admiré le courage de ces piches insipides qui pourtant, parce qu'il possède une bouche considérablement gonflée et abondante, savent faire tomber dans leurs filets des filles qui dégagent pourtant une intelligence qu'on pensait capable de déceler la platitude écrasante qui règne dans l'esprit de leur prétendant. Alors n'hésitez plus, levez votre fessier aplati de cette chaise, fermez Facebook, éteignez l'ordinateur, et foncez dans la rue embrasser la première inconnue susceptible d'une si belle attention.
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